À travers le pays, le départ continu de membres du personnel infirmier expérimentés entraîne une perte de savoir-faire collectif et de mentorat au sein des services. Le personnel infirmier de première ligne qui reste doit en faire encore plus, tout en continuant d’être submergé d’alarmes – un/e seul/e patient/e peut générer jusqu’à 350 alarmes par jour [1], dont 85 % ou plus ne sont pas exploitables [2].
Le résultat potentiel? Le personnel infirmier peut se sentir dépassé et sans soutien. Des changements critiques chez les patients peuvent être négligés, ce qui peut entraîner non seulement des quasi-collisions, mais aussi des événements de sécurité graves, y compris des événements sentinelles.
Les CMU modernes apportent une réponse à ces défis. Elles s’interfacent avec les systèmes d’information existants, favorisent une gestion et une communication efficaces des alarmes, et offrent flexibilité et évolutivité en matière de monitorage – en particulier lorsque plusieurs hôpitaux communiquent via une plateforme centrale.
Ces caractéristiques soutiennent une gamme d’avantages qui justifient l’investissement qu’exige une CMU performante. Voici huit avantages fondamentaux :
Un monitorage télémétrique à distance non coordonné à travers un système de santé peut entraîner des variations dans les soins — non seulement d’un hôpital à l’autre, mais aussi d’une unité à l’autre. Les différences concernant la manière dont les alertes sont configurées, celles qui sont transmises au personnel soignant et la manière dont elles sont transmises aux échelons supérieurs peuvent avoir une incidence sur la sécurité des patients et sur leur expérience en matière de soins.
La standardisation nécessaire et une solution véritablement centralisée et moderne vont de pair – même si une CMU partagée n’est pas nécessaire pour apporter des changements, elle peut rendre l’effort plus réalisable et durable. Un centre de coordination centralisé aide à établir un cadre clair et une chaîne de commandement, le gestionnaire de la CMU assurant la cohérence des communications et la responsabilité entre les hôpitaux connectés.
Les arythmies – au cœur du monitorage télémétrique – sont très complexes, variables et potentiellement invalidantes ou mortelles. Il se peut que les membres du personnel infirmier débutants ne disposent pas des compétences spécialisées ou de l’expérience nécessaires pour détecter les modifications du rythme cardiaque qui ne sont pas généralement classées comme aiguës, mais qui peuvent néanmoins présenter des risques.
Les équipes de la CMU offrent un soutien au personnel infirmier surchargé ainsi qu’une surveillance accrue des patients. Non seulement les techniciens de surveillance ont une formation ciblée en arythmie, mais ils peuvent aussi s’appuyer sur les connaissances de leurs pairs et superviseurs de la CMU. En travaillant dans une plateforme centralisée responsable de diverses populations de patients, les techniciens de surveillance sont exposés à de nombreuses arythmies, ce qui leur permet d’améliorer leurs compétences.
Pour aider à signaler la détérioration des patients, les CMU modernes peuvent intégrer des informations supplémentaires sur les patients au besoin, à partir de dossiers médicaux ou, parfois, d’autres dispositifs médicaux générant des données. Certaines solutions modernes dotent également les techniciens de surveillance d’outils d’aide à la décision clinique pour les aider à repérer les changements critiques devant être communiqués aux équipes de soins. Par exemple, lors des arrêts de sécurité ou lors des vérifications effectuées à intervalles réguliers ou à des moments clés, les outils d'aide à la décision clinique peuvent aider les techniciens à examiner les formes d’onde précédentes afin de s’assurer que rien n’a été négligé.
Le flot d’alarmes fausses ou non exploitables qui envahit les hôpitaux aujourd’hui peut contribuer à la fatigue liée aux alarmes. (Les membres du personnel infirmier peuvent consacrer 10 % ou plus de leur temps à répondre à des alarmes ne nécessitant aucune intervention[3].)
Avec une CMU efficace, les équipes de soins reçoivent les alarmes rouges presque immédiatement, peut-être après une courte pause permettant aux techniciens de surveillance de repérer et d'annuler les faux positifs. Les alarmes hors service liées à une batterie faible, à une électrode déconnectée ou à une sonde SpO₂ délogée peuvent également être transmises automatiquement, de préférence au personnel hospitalier n’exerçant pas de fonctions infirmières.
Il reste donc les alertes jaunes, qui regroupent à la fois des variations sans conséquence et des avertissements cliniquement significatifs concernant la fréquence cardiaque, la SpO₂, les arythmies ne mettant pas la vie en danger, les intervalles QT et les segments ST. En l’absence de renfort, les membres du personnel infirmier doivent répondre à toutes les alarmes jaunes en se rendant au chevet des patients ou au poste central, des déplacements qui s’avèrent souvent nécessaires.
Les membres du personnel infirmier peuvent consacrer 10 % ou plus de leur temps à répondre à des alarmes ne nécessitant aucune intervention[3].
Grâce à une CMU efficace, les techniciens de surveillance filtrent les alarmes inutiles, réduisant ainsi les interruptions pour les cliniciens de première ligne afin qu’ils puissent se consacrer à des soins directs et de qualité au chevet. En fournissant des renseignements pertinents et opportuns – idéalement accompagnés du contexte détaillé des alertes proposé par certaines solutions – les équipes des CMU modernes renforcent la confiance clinique et contribuent à la sécurité des patients.
Comme les patients sous télémétrie sont souvent répartis dans tout l’hôpital, les techniciens de surveillance et les équipes au chevet ont besoin d’une transmission des alarmes rapide et continue. Les CMU modernes comblent les lacunes passées en promouvant des procédures standardisées et en s’intégrant à d’autres systèmes hospitaliers. Comme point de départ, elles se connectent au DME pour récupérer les affectations du personnel, évitant ainsi de longues recherches dans les annuaires lors de situations urgentes.
Habituellement, les CMU modernes peuvent également intégrer une gamme de nouveaux dispositifs de communication clinique, afin d’éviter d’avoir à appeler ou à utiliser un téléavertisseur jusqu’à ce qu’une personne réponde. Au lieu de risquer d’être négligées, les notifications critiques arrivent en temps opportun – idéalement auprès des cliniciens spécifiquement assignés plutôt qu’à tous ceux de garde.
Au-delà de ces capacités, l’optimisation des CMU varie. Si de nombreux systèmes transmettent automatiquement les alarmes restées sans réponse au niveau supérieur au bout d’un délai défini, certains permettent aux administrateurs de définir des parcours d’escalade en fonction du type d’événement. Certains offrent un monitorage avec une meilleure visibilité sur qui a – ou non – confirmé la réception de l’alarme et pris des mesures. Certains permettent même aux cliniciens munis d’un téléphone intelligent de transmettre activement à un niveau supérieur les alarmes d’arrivée lorsqu’ils sont occupés par des soins d’urgence.
La personnalisation des alarmes comporte souvent un inconvénient : Bien qu’elle puisse réduire les notifications au sujet desquelles aucune intervention n'est nécessaire pour aider à gérer la fatigue, les nouveaux membres de l’équipe pourraient ne pas se sentir à l’aise de faire des ajustements. Les CMU modernes peuvent répondre à cette hésitation grâce à des outils et à des flux de travail innovants qui saisissent les données d’alarme et créent une boucle vertueuse.
La boucle commence par les superviseurs infirmiers, qui peuvent utiliser les données pour encadrer les techniciens de surveillance quant à la personnalisation appropriée et sécuritaire des alarmes. Les techniciens de surveillance peuvent ensuite recommander des paramètres et des réglages d’alarme ajustés – selon l’unité de soins et le profil des patients ou, de manière plus avancée, pour chaque patient – pour validation et mise en œuvre par les membres du personnel infirmier autorisés au sein de l’unité.
Lorsqu’elle est conçue correctement, une CMU moderne combine le recensement de chaque hôpital connecté tout en assurant la flexibilité, incluant la possibilité de déplacer les secteurs de patients entre postes de travail. Les superviseurs peuvent équilibrer les charges de travail parmi les techniciens de surveillance en fonction non seulement du nombre de formes d’onde observées, mais aussi de l’acuité des patients, sans interruptions de monitorage ni perte de données s’ils doivent réaffecter la supervision.
Une solution flexible et une approche standardisée permettent d’éviter une surcharge cognitive excessive pour les techniciens de surveillance. Bien que le « bon » ratio patient-technicien demeure incertain – un plafond de 48 pour 1 a émergé comme une réponse possible au cours de discussions avec des experts du domaine - l’équilibrage de la charge de travail évite les extrêmes et les variations fréquemment observées. Il permet aux systèmes de santé de s’adapter aux fluctuations de la demande et d’effectuer une gestion flexible des effectifs.
Non seulement une CMU partagée peut promouvoir des évaluations standardisées entre les sites de soins, mais elle peut aussi offrir de nouvelles capacités pour collecter, analyser et partager des données de qualité. Les systèmes de santé peuvent utiliser ces données pour détecter des tendances et soutenir des améliorations éclairées dans des domaines tels que le respect des protocoles, la gestion des alarmes, la capacité de télémétrie et l’utilisation appropriée ainsi que l’allocation du personnel et de l’équipement.
Outre le fait de générer ce type d’informations, la capacité à collecter des données peut contribuer à produire une documentation précise permettant de répondre aux exigences réglementaires.